Entre jeunesse et fidélité…

Le hasard du calendrier liturgique fait se côtoyer chaque année deux saints jésuites qui illustrent chacun un trait bien distinct de l’engagement à la suite du Christ: les saints Stanislas Kostka et Joseph Pignatelli.

Saint Stanislas Kostka, que nous célébrons le 13 novembre, est l’un des patrons de la jeunesse. Dès l’âge de 14 ans, il voulut se faire jésuite, mais c’était sans compter l’opposition de ses proches, une grande famille de la noblesse polonaise. A 17 ans, étudiant à Vienne auprès des jésuites, il décide, dans l’ardeur de sa jeunesse, de tout laisser derrière lui pour se faire religieux. Le provincial d’Allemagne, saint Pierre Canisius, auprès duquel Stanislas était accouru, reconnaissant sa verte sainteté, mais aussi l’impossibilité de l’accueillir face à l’opposition de sa famille, décide de l’envoyer à Rome, pour qu’il puisse y commencer son noviciat. Stanislas traverse ainsi toute l’Europe pour se rendre auprès de saint François Borgia, qui était alors supérieur général de la Compagnie de Jésus et qui l’accueillit en son sein. Il y mourut un an plus tard, à 18 ans, en odeur de sainteté. Il est le patron des novices jésuites.


Saint Joseph Pignatelli, pour sa part, a jouit d’une vie plus longue, mais aussi très mouvementée! Né en 1737, il entra dans la Compagnie en Espagne en 1753. L’époque est alors très trouble, puisque des expulsions d’Espagne, de France, puis une suppression générale sont décrétées. Face à toutes ces épreuves (il fut un temps interdit aux prêtres jésuites d’exercer même leur ministère sacerdotale), il garde espoir et refuse tout autre voie que celle où il s’était déjà engagé. Au milieu de ces tourments, il écrit à son frère:

« Aujourd’hui, je n’ai aucune raison d’abandonner la Compagnie ; et je suis résolu à y vivre et à y mourir. [...]  Si vous venez à m’écrire à nouveau, ne me parlez plus de cette question d’abandonner ma vocation. Je vous prie de ne faire aucune instance à Rome pour obtenir la permission de passer à un autre ordre religieux. C’est une chose que je ne ferai jamais, même s’il me fallait perdre mille fois la vie« 

La Révolution française, la République, puis l’Empire napoléonien changèrent la donne en Europe. Joseph se mit en contact avec les jésuites de Russie, dont la survivance vint à être reconnue par le Saint-Père, puis contribue à la reconnaissance, voire à la restauration de la Compagnie dans certains territoires italiens (Parme, Naples, Sicile, Sardaigne). Joseph Pignatelli meurt à l’âge de 73 ans, en 1811, trois ans avant la restauration de la Compagnie de Jésus dans toute l’Église par le pape Pie VII. On le fête le 14 novembre.

A deux siècles de distance, saint Stanislas et saint Joseph nous parlent pour l’un de l’ardeur à mettre dans un engagement pour Dieu et le prochain, et pour l’autre, de la fidélité au coeur même des épreuves les plus grandes. Deux belles figures pour notre temps!

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